De Dalcahué à Huantemo (Volontariat)

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Pendant le trajet nous amenant à Dalcahué nous avions espoir que ce deuxième volontariat se passerait beaucoup mieux que le premier (au Pérou) surtout que deux jours avant nous avions eu le père de famille,Chávez au téléphone et que le courant était bien passé.

Nous nous réjouissons de rencontrer cette petite famille qui voulait transmettre sa passion pour la culture des fruits et légumes et pour l’élevage des animaux.

Trente minutes plus tard nous voilà bien arrivés dans la ville de Dalcahué. Petite localité réputée pour son marché d’artisanat de laine de mouton servant aussi de port d’embarquement pour les autres îles aux alentours. En bref une petite ville où il fait bon vivre 🙂

Chávez nous avait demandé de le prévenir une fois que nous étions bien arrivés, ce que j’ai fait de suite. Après avoir raccroché, François comprend à la vue de ma tête qu’il y a un problème!

Chàvez venait de me dire qu’il avait accepté deux autres personnes pour faire du volontariat et qu’il n’y avait plus de place pour nous dans la chambre mais qu’on pouvait venir chez lui pour trouver une solution… ça commence bien! Malgré le fait que nous soyons un peu/beaucoup énervés nous prenons tout de même un taxi pour nous rendre chez lui et avoir des explications!

Chávez nous accueille le sourire aux lèvres mais on le sent mal à l’aise de la situation, une fois les salutations faites avec les trois volontaires qui étaient en plein travail de la terre nous nous dirigeons à l’intérieur de la maison où Chávez nous apprend que les deux volontaires sont arrivés la veille sans prévenir et qu’il ne se voyait pas les mettre dehors!

Pour s’excuser du désagrément il nous proposera de rester dormir autant de nuits que l’on veut et de nous faire visiter la ville, nous finirons par passer la nuit dans son salon, le temps de se refaire…

Malgré la mauvaise nouvelle nous passerons une excellente soirée avec la petite famille (Chávez, sa femme et son fils) et les volontaires.

Le lendemain nous ferons bien une visite de la ville avec Chávez, il nous emmènera visiter l’église de Nuestra Señora de los dolores,

le musée historique des archives traditionnel, le fameux marché artisanal, le port d’embarquement, on se promenera sur la plage et on fera même un aller-retour en ferry jusqu’à l’île d’en face! C’est le genre de visite qu’on aime, les visites avec un local amoureux de son île :-).

Le même jour nous avons fait la connaissance de Fressia (une vieille amie de la famille), Fressia était venu chercher un volontaire qui voudrait travailler chez elle. Chávez lui avait proposé de lui prêter un volontaire pour l’aider, il faut savoir que c’est une vieille femme veuve qui n’a pas eu d’enfant et qui vivait seule dans sa petite maison coupée du monde, elle fait partie de la communauté huilliches (une minorité indigène qui essaie tant bien que mal de perpétuer la culture de leurs ancêtres), du coup la proposition de Chávez était parfaite pour elle, non seulement pour l’aide mais aussi pour la compagnie.

Federico l’un des volontaires était enthousiasmé à l’idée de faire du volontariat là-bas, il était très intéressé par la culture huilliche. Mais Fressia insistait pour avoir une deuxième personne et les seules personnes qui restaient c’était nous et les deux autres volontaires, deux amis allemands, qui parcouraient aussi l’Amérique du sud 🙂 pour nous départager nous avons joués à « pierre, papier, ciseaux » avec eux (c’est pour vous dire à quel point on avait tous envie d’y aller hum!), ceux qui remportaient la partie gagnait le volontariat chez Fressia, c’est la première fois de toute notre vie qu’on priait pour perdre! Malheureusement la prière n’avait pas marché car on a gagné haut la main 😀

Le lendemain matin nous partons donc, direction Huantemo! Après plus de 4h de bus, 1h30 d’attente d’un taxi 4×4, 30 minutes de route et 1h de marche à pied nous voilà enfin arrivés dans la fameuse maison coupée du monde…

Première chose que l’on remarque c’est la vue imprenable sur l’océan Pacifique, c’est juste magnifique! Malheureusement c’est le seul atout que possède cette maison, l’intérieur était un vrai champ de bataille, ça devait faire des mois même des années que rien n’avait été nettoyé!

Le matin on côtoyé les mouches et la nuit les mouches plus les souris (je n’ai pas dormi pendant cinq nuits contrairement à François et Federico qui dormaient comme des bébés!), rajouter à ça l’absence de douche, d’un petit évier ou même d’un petit robinet et les toilettes qui étaient… Comment expliquer.. Faites avec trois planches de bois en dessous d’un abri en tôle sans porte.

En bref un vrai cauchemar! C’est ce que je me disais avant d’apprendre à connaitre Fressia, une femme pour laquelle j’ai beaucoup d’admiration, non seulement pour son histoire mais aussi pour sa force. On a beaucoup échangé avec elle, rigoler et aussi festoyer à boire de la chicha caliente (boisson à base de fermentation de pomme de terre) sur le son de la même musique, qui se répétait sans cesse tous les jours et qu’elle aimait par dessus tout mettre à fond :-). Elle nous a appris à comment couper du bois et elle m’a appris à tricoter 🙂

En plus de Fressia nous nous sommes liés d’amitiés avec Federico (que l’on surnomme El Che de part ses origines argentines), il a été notre compagnon de galère tout au long de ce volontariat et il est devenu un vrai ami par la suite.

Encore une fois les adieux ont été difficiles, ils se sont fait les yeux mouillés et la gorge serrée :’-( À la fin de ce volontariat le cauchemar était devenu une belle leçon de vie qui nous marquera à jamais!

On pourrait écrire un petit livre sur notre semaine là-bas mais on se contentera de ces quelques lignes, le reste est dans la tête… Pour la vie.

Nous revoilà donc, dans notre petit hostal de Castro en compagnie d’ El Che, pour quatre jours. Dans un premier temps pour prendre une douche, nécessaire après cette petite semaine, ensuite pour laver tous nos vêtements :-). Une fois propre nous profiterons de ces quelques jours pour nous détendre, échanger, visiter, nous irons voir un concert de notre ami musicien Rolando rencontré avant notre volontariat, enfin bref on a profité de Castro encore un peu avant de reprendre la route vers le sud.

 

Une vieille sage de la communauté huilliches, un soir de pleine lune alors qu’on partageait un maté nous interrompis pour nous dire : « …….. » pour être franc, on n’a rien compris tellement sa musique était forte mais ça semblait vraiment intéressant.

 

Écris par elle mais vous devriez l’avoir deviné si vous avez lu!

À bientôt,

Les incapables.

 

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