Nous voici à Puerto Ingeniero Ibáñez pour prendre le ferry le temps d’une traversée et rejoindre Chile Chico, dernier petit village pour nous avant de rejoindre la frontière Argentine.
Une rencontre faite par Aurélie avec un petit bout de femme fort sympathique, deux heures à naviguer sur le lac plus tard et nous voici dans la voiture de cette dame qui nous a gentiment proposé de nous déposer à un hostal.
Nous sommes dans l’obscurité de la soirée (c’est bien de le préciser parce que ça pourrait être l’obscurité de la matinée… Vous voyez ?) à tourner dans la ville en compagnie de cette dame, son ami et Margaux et Pierre qui ont la même destination que nous (aucune imagination ces touristes!) à la recherche d’un hostal à prix raisonnable.
Quelques hostals plus tard, nous remercions notre conductrice et prenons position de notre dortoir. En plus d’être correct à un prix correct avec malgré l’heure tardive un accueil correct et un accès à la cuisine qui s’est relevé être correct, il s’avère que le propriétaire des lieux, organise des transports jusqu’à la frontière pour un prix dérisoire si tu tiens en compte la vitesse et la direction du vent. Ce qui nous permet de dormir un peu le matin et ça on ne peut pas refuser.
« Là, on va la faire vite, ça ne va rien changer pour moi, c’est juste vous qui devez lire à un rythme plus soutenu! »
Nous voici donc dans son van, de couleur blanche légèrement sali par la poussière, élément essentiel pour la suite du récit, c’est un véhicule diesel.
« Ça va? Vous suivez ? » Reprenez votre souffle on recommence…
Il conduit, nous pas, les portes sont fermées mais pas verrouillées, on s’en fout, on ne lui dit rien on aime le danger. La voiture file à une vitesse moyenne proche des 25 Km/h, nous n’avons même pas mis nos ceintures, imaginez un peu la scène, on est vraiment des dingues!
Premier poste frontière, on descend du véhicule, ce dernier est arrêté… On est peut être dingue mais pas fou! On rentre dans les locaux de la douane, prêt à subir une fouille au corps approfondie mais ça ne sera pas pour cette fois-ci, juste un tampon sur notre passeport et nous revoilà déjà reparti.
À peine assis, prêts à affronter l’inconnu, que la voiture ralentit avant de s’arrêter à nouveau. Il nous explique qu’il ne peut aller plus loin car il y a des caméras, que eux nous voit mais pas nous… La tension monte, je sens mon cœur battre et ça depuis ma naissance, il nous dit d’une voix qui est la sienne qu’il nous faut continuer à pied.
On prend les sacs, on remercie notre chauffeur, j’aurais trop voulu faire un snapchat (rassure toi maman ce n’est pas sexuel) avec lui mais le temps presse et on se met en marche.
Nous nous retournons et voyons au loin, un nuage de poussière. Ce n’est pas une charge d’indiens venu nous scalper, c’est le véhicule qui s’en va.
Nous voici seuls à quatre (logique non?), tels les quatre fantastiques, les quatre mousquetaires, les daltons… Quatre personnes ordinaires marchant d’une frontière à une autre ! Où sommes-nous ? Cette question tournait dans ma tête à la recherche d’une réponse. Au Chili? Non nous avons eu le tampon de sortie du territoire. En Argentine? Alors on y serait illégalement parce qu’on n’a pas encore passé la frontière.
« Haaaaaa, la tension monte chers lecteurs » pour vous, pas pour nous parce que nous sommes courageux nous !
Enfin bref quelques mètres plus loin, nous voici au poste de frontière Argentin. Deux trois minutes et un autre tampon plus tard nous revoici sur la route direction le village voisin pour aller prendre un bus.
Nous sommes entrain d’effectuer une marche interminable de quelques dizaine de pas avant que l’impensable ne se produise.
Un vieux combi, dont on ne savait pas distinguer la couleur tellement il était poussiéreux nous dépasse et s’arrête quelques mètres devant.
Pourquoi ? Cela m’intrigue ! Nous serions dans une grande ville, dans l’obscurité de la pénombre un soir, avant que la nuit ne tombe, un van identique s’arrêterait comme il l’a fait pour nous à la hauteur d’un enfant, vitre teintée baissée avec au bout du bras tendu un paquet de bonbon et un ballon rouge (petit détail très important pour la suite…) gonflé en grande partie à l’hélium, cela m’inquiéterai peut être un peu, si ce n’est qu’il y ai beaucoup de chance que ce soit moi au volant… Enfin bref, je m’égare, il s’avère que pour nous, il n’y avait ni ballon ni bonbon, seulement le type qui nous a laissé un peu plutôt au poste chilien dans un autre véhicule remplis de poussière et de briques rouges. Il nous propose de nous reprendre jusqu’au centre-ville en nous disant qu’il ne peut aller jusqu’au terminal de bus parce que là-bas il y a aussi des caméras !Mes compagnons de voyage ne l’ont pas reconnus, ils pensaient être en présence d’un agent secret au service de la reine d’Angleterre mais moi j’aurais plutôt penché pour un marginal ayant la phobie des caméras!
Tout cela pour terminer notre route à pied jusqu’au terminal, acheter nos billets de bus, manger un bout, retourner patientez au terminal,
sympathiser avec la femme et l’homme de l’agence de bus, boire un maté en leur compagnie, repartir faire quelques courses sur les coups de 17h (et oui, ici les magasins font une rapide pause entre 13h et 17h), partager un autre maté à l’agence et enfin… enfin….enfin prendre le bus de nuit pour El Chaten !
Un vieux sage rencontré dans le bus à qui je racontais notre voyage m’a interrompu très rapidement après une bonne heure de monologue pour me dire : « Déjà quand tu me le raconte ça m’enmerde alors je n’ose même pas imaginer ceux qui te lisent…. Soit ils t’aiment vraiment beaucoup, soit ils sont stupides… Enfin bref me dit-il le résultat dans les deux cas est le même, ils sont stupides » Désolé ce n’est pas moi qui le dit…
Nous,
Les incapables vous saluent.


2 réponses
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thoughts. Great blog, stick with it!
anne
j’adore de plus en plus le rythme de ton récit…
je devrais m’inquiéter pour ma santé?
bonne suite de voyage;;j’adore